J'ai regardé l'émission « Vu du ciel » avec Yann Arthus-Bertrand, du 4 janvier 2007, centré sur le thème de l'eau. Les écolos m'agacent parfois, quand ils parlent, la fleur aux dents, plein de bons sentiments, mais sans être forcément très bien renseignés sur leur sujet (jusqu'à, pour certains, proférer d'énormes conneries). Mais pour l'émission, les protagonistes ont été très bien choisis. Je retiens, entre autres, le reportage sur l'assèchement drastique de la Mer Morte, où la personne interviewée a expliqué très clairement, d'un côté, l'intérêt écologique de cette mer constituant un écosystème unique, et de l'autre, pourquoi les hommes de la région ont accumulé barrages et canaux dont ils savaient pourtant qu'ils seraient meurtriers pour la Mer Morte. Ces installations représentent des enjeux, des intérêts. Il nous est facile, à nous Occidentaux, bien installés dans notre petit confort, dans un environnement propice à la vie humaine, de décréter que les hommes de « là-bas » sont des méchants égoïstes qui n'ont pensé qu'à leurs intérêts... En tant que géographe, je pense (oyez ! oyez ! ma cervelle est aussi capable de penser de grandes pensées profondes qui vont sans doute bouleverser la face de la Terre !) que les problèmes environnementaux ne doivent pas se traiter sans y inclure l'aspect humain. Ce que, parfois, certains écolos neuneus oublient. L'émission, elle, a bien montré cet aspect. Je retiens aussi les beaux portraits humains esquissés avec pudeur et simplicité : notamment, ces Bédouins à la légendaire tradition d'hospitalité, qui offrent l'eau à leur hôte avec un grand respect, comme ce qu'elle est en réalité, c'est-à-dire un don précieux. Ou encore, ces Maliens qui survivent, avec beaucoup de dignité, dans leur environnement très hostile (la pluviométrie y est l'une des plus basses du monde). Ou bien encore, cette femme, Christine Jean, qui s'est battu et se bat encore pour que ne soient pas construites d'installations inutiles sur la Loire, qui risquerait alors de devenir trop artificialisée, comme tant d'autres cours d'eau. Je retiens, enfin, les paysages splendides, l'½il de Yann Arthus-Bertrand étant ce qu'il est, c'est-à-dire, celui d'un génie. Et il a le talent des formules chocs. Bref, il faut regarder cette émission, elle est très instructive.
Ce speech me rappelle un reportage que j'avais lu dans le magasine Géo (j'y suis abonnée car je le trouve vraiment bien fait). Il s'agissait d'un numéro spécial sur la paix. Ils ont fait un grand classement de tous les pays du monde, en fonction de leurs efforts pour la paix, dans leurs frontières, et dans leur monde. Pour cela ils ont pris en compte différents paramètres : part du budget alloué à l'armée par rapport au budget national par exemple (plus elle est élevée, plus ça craint). Mais il y avait un paramètre plus surprenant, et pourtant, à y réfléchir, très logique, peut-être même plus que les autres : les efforts faits dans l'environnement. L'eau, en particulier, est un enjeu autour duquel se concentrent nombre de tensions qui vont en s'amplifiant. Cf. le Moyen-Orient...
En photo : un village du Tadjikistan photographié par Yann Arthus-Bertrand. Si, comme moi, vous aimez le style de ce photographe génial, voici un site où vous pourrez vous en mettre plein les yeux :
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